Qu’est-ce que Pratyahara dans le Yoga ?

Pratyahara es la retirada de los sentidos para concentrarnos en el interior.

Pratyahara est le « retrait » des sens, le processus qui consiste à intérioriser l’attention et à la détourner des stimuli extérieurs. Au lieu de laisser nos sens nous dominer, nous cherchons à contrôler notre réaction aux stimuli et à diriger notre attention vers l’intérieur.

Pour mieux comprendre, nous devons connaître les huit composantes de l’Ashtanga Yoga telles que décrites par le sage Patanjali dans les « Yoga Sutras »:

  • Yama: principes éthiques universels (tels que la non-violence, la vérité, le non-vol).
  • Niyama: disciplines ou pratiques personnelles (telles que la pureté, le contentement, l’étude de soi).
  • Asana: postures physiques.
  • Pranayama: contrôle de la respiration.
  • Pratyahara: retrait ou contrôle des sens.
  • Dharana: concentration.
  • Dhyana: méditation.
  • Samadhi: état de superconscience ou d’illumination.

Comme nous pouvons le voir, Pratyahara est la cinquième étape et est considérée comme une condition préalable pour préparer l’esprit aux étapes les plus profondes du yoga, qui sont la concentration (Dharana), la méditation (Dhyana) et enfin le Samadhi. Grâce à la pratique de Pratyahara, nous nous détachons des distractions extérieures et apprenons à nous concentrer sur la connaissance de soi et l’introspection. Il s’agit d’une transition entre les pratiques externes du yoga (telles que les postures et le contrôle de la respiration) et les pratiques internes (telles que la concentration et la méditation).

Comment pratiquer le pratyahara

Par nature, l’être humain est conçu pour interagir avec son environnement par le biais de ses cinq sens : la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher. Ces sens ne nous fournissent pas seulement des informations sur le monde qui nous entoure, mais influencent également la manière dont nous percevons la réalité, nos désirs, nos aversions et, en général, notre expérience de la vie. Dans la plupart des cas, nous sommes tellement immergés dans les stimuli sensoriels que nous nous interrogeons rarement sur l’influence qu’ils exercent sur nous et que nous ne la contrôlons pas.

Pratyahara est l’art d’apprendre à se déconnecter de toutes les données sensorielles constantes qui nous bombardent afin de se connecter à notre moi intérieur. Il existe différents types de pratiques pour cultiver le pratyahara. Nous en décrivons quelques-unes ci-dessous pour vous donner une idée générale, mais si vous comprenez le concept, vous pouvez créer vos propres exercices adaptés à vos besoins :

Contrôle des sens

Tout d’abord, il est important de souligner que ce contrôle implique une suppression ou un déni des sens, mais plutôt une gestion consciente de la façon dont nous interagissons et réagissons avec eux. Chacun de nos sens, qu’il s’agisse de la vue, de l’ouïe, du toucher, du goût ou de l’odorat, agit comme une fenêtre qui nous relie au monde extérieur. Ces sens, de par leur nature, cherchent constamment à être stimulés. Cependant, lorsque nous les laissons fonctionner sans retenue, mécaniquement et inconsciemment, ils peuvent facilement nous entraîner dans des désirs, des aversions et des distractions.

Pour contrôler nos sens, la première étape est l’observation consciente. Comme dans la méditation, où nous observons nos pensées sans les juger, dans le contrôle des sens, nous devenons les témoins conscients des entrées sensorielles. Par exemple, lorsque nous entendons un son, au lieu de réagir impulsivement, nous le remarquons simplement, nous le reconnaissons et nous décidons ensuite consciemment comment y répondre (ou ne pas y répondre).

Nous pouvons commencer notre pratique par des exercices simples, comme s’asseoir tranquillement, les yeux fermés, en se concentrant uniquement sur les sons qui nous entourent. En écoutant, au lieu d’étiqueter ou de juger le son, il suffit de le remarquer et de le relâcher. Cet exercice peut être répété avec d’autres sens, comme le toucher, en prêtant attention aux sensations sur la peau, ou l’odorat, en percevant les différents arômes dans l’air.

Avec le temps et la pratique, nous cesserons d’être esclaves de nos sens. Au lieu d’être entraînés par eux, nous apprenons à interagir avec le monde d’une manière plus délibérée et plus consciente. Cette capacité à diriger et à retirer notre attention à notre guise est très importante sur le chemin du yoga, car elle nous permet d’approfondir des pratiques plus avancées et nous procure une plus grande tranquillité d’esprit.

Le jeûne sensoriel

Le jeûne sensor iel consiste à réduire ou à éliminer les stimuli sensoriels pendant une période déterminée. Il peut s’agir de pratiques telles que rester silencieux, éviter l’exposition aux écrans ou s’immerger dans l’obscurité. Lorsque nous nous déconnectons des stimuli externes, nous créons un espace permettant à l’esprit de se désintoxiquer du barrage constant d’informations et de distractions auquel nous sommes exposés.

Cette pratique peut agir comme un miroir, reflétant nos dépendances et nos habitudes inconscientes. Nous pouvons découvrir, par exemple, à quel point nous sommes dépendants de certains stimuli, comme le défilement constant sur les médias sociaux ou le besoin d’une musique de fond. Cette prise de conscience est la première étape pour faire des choix plus conscients sur la façon dont nous interagissons avec le monde.

Observer les réactions sensorielles

Nous vivons constamment entourés de stimuli sensoriels auxquels nous réagissons automatiquement et inconsciemment dans la plupart des cas. Ces réactions vont d’un sentiment de plaisir ou de déplaisir à des réponses plus complexes telles que la mémoire ou l’émotion. Nous nous arrêtons rarement pour examiner ces réactions consciemment. C’est là que la pratique de l’observation de nos réactions sensorielles devient une occasion de prendre conscience de nous-mêmes.

Lorsque nous prenons le temps d’observer comment nous réagissons aux stimuli, qu’il s’agisse d’une odeur, d’un son, d’une image ou de la sensation de toucher quelque chose, nous commençons à démêler les couches de conditionnement et d’habitudes qui influencent nos réactions. Par exemple, l’odeur d’un aliment spécifique peut évoquer des souvenirs d’enfance et, avec eux, des sentiments de nostalgie. En prenant conscience de cette réaction, nous comprenons non seulement l’émotion qui en résulte, mais aussi le lien entre le stimulus et notre histoire personnelle.

L’observation consciente de nos réactions sensorielles nous permet de nous en distancier. Au lieu d’être emporté par la cascade de réponses automatiques, nous pouvons choisir de rester un témoin impartial. Cette distance nous donne une plus grande liberté pour choisir la manière dont nous voulons répondre, plutôt que de simplement réagir.

Cette observation attentive peut également être la porte d’entrée d’une méditation plus profonde. Elle nous offre un point de focalisation, un objet de méditation en soi. En prêtant attention à la manière dont nous interagissons avec le monde sur le plan sensoriel, nous progressons vers une compréhension plus profonde de nous-mêmes et de nos réactions face à l’extérieur.

Savasana

L’une des pratiques les plus simples de Pratyahara consiste à se concentrer sur ses sensations corporelles en position de cadavre ou Savasana. Nous nous allongeons sur le tapis ou sur notre propre lit, fermons les yeux et concentrons toute notre attention sur les sensations corporelles qui apparaissent. Cela nous permet de nous déconnecter de l’extérieur et de prendre conscience de ce qui se passe dans notre propre corps.

Les bienfaits de Pratyahara

Au fur et à mesure que nous approfondissons notre pratique du pratyahara, il est possible d’observer l’apparition de certains bienfaits. L’un des plus notables est le développement d’un esprit plus calme et plus stable. Lorsque nous ne réagissons pas constamment aux stimuli, notre esprit peut rester dans un état de sérénité, même dans des situations qui auraient pu être perturbantes auparavant. En outre, notre capacité de concentration est renforcée. En nous libérant de la distraction constante des sens, nous pouvons concentrer notre attention plus facilement et plus profondément, ce qui est essentiel pour des pratiques méditatives plus avancées. Cela facilite à son tour un état plus profond de conscience de soi et de connexion avec notre être.

Il convient de noter que Pratyahara ne consiste pas seulement à réprimer ou à ignorer les sens. Il s’agit d’établir une relation plus consciente et plus équilibrée avec eux. Au lieu d’être esclaves de nos perceptions et de nos réactions, nous apprenons à en être les maîtres, en choisissant quand et comment nous voulons interagir avec l’environnement qui nous entoure. Cette maîtrise de notre propre expérience sensorielle a également des implications pratiques dans notre vie. Elle nous aide à prendre des décisions plus conscientes et plus équilibrées, car nous ne sommes plus guidés par des caprices sensoriels ou des réactions automatiques. Elle nous permet également de mieux résister au stress et aux distractions, et donc d’être plus efficaces et de mieux nous concentrer sur nos activités quotidiennes.

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